Médecine Traditionnelle Chinoise
La médecine chinoise traditionnelle est fondée sur une théorie du fonctionnement de l’être humain en bonne santé, d’un point de vue physiologique, psychologique et émotionnel.
La médecine chinoise cherche à comprendre l’être humain, aussi bien en bonne santé que malade, par une gestion de l’équilibre de l’énergie interne appelée Qi.
Elle tente également d’expliquer les causes des troubles de l’équilibre énergétique et les mécanismes biologiques et psychiques qui en sont les conséquences.
C’est une médecine dont l’élaboration est généralement datée de 1250 ans avant J-C. Dans le premier traité de médecine chinoise connu (le Huangdi Nei Jing), on trouve par exemple la description des organes (nommés Wu Zang) et des entrailles (nommées Liu Fu) accompagnée de schémas.
Autres concepts basiques avec lesquels travaille
la MTC sont les 5 éléments, duquel font partie les organes et entrailles, et les Méridiens qui parcourent le corps.
Utilisation en Occident
Dans la médecine traditionnelle chinoise, les différentes méthodes de soin (Massage Énergétique, Qi Gong, Acupuncture…) sont intimement liées.

Chinese medicine human body structure
La communauté scientifique s’est penchée sur ces méthodes. Plusieurs pays de l’Union Européenne et d’Amérique du Nord ont donné une place dans leur système de soin à l’acupuncture : Canada, Angleterre, Allemagne au travers des heilpraktikers qui sont pris en charge par le système de santé.
La notion de qi (énergie) et de méridiens est totalement étrangère à la médecine occidentale. Néanmoins, l’acupuncture ayant des effets, elle peut être parfois utilisée en complément d’un accompagnement médicalisé pour lutter contre certains problèmes liés aux stress, à la douleur. C’est dans ce cadre qu’elle est parfois proposé à des patients.
Certains hôpitaux français ont un service d’acupuncture ( Hôtel-Dieu, Tenon, Saint-Jacques…).
Les Cinq Eléments en tant que caractéristiques fondamentales
Il est bon de
reprendre et d’élargie ici le sens de la citation d Shang Shu : « Les Cinq Eléments sont l’Eau, le Feu, le Bois, le Métal et la Terre. L’Eau descend et humidifie, le Feu s’élève, on peut courber et redresser le Bois, on peut mouler et durcir le Métal, la Terre permet de semer, de faire pousser et de récolter. Ce qui se détrempe et descend (l’Eau) est salé, ce qui brûle et s’élève (le Feu) est amer, ce que l’on peut courber et redresser (le Bois) est acide, ce que l’on peut mouler et durcir (le Métal) est piquant, ce qui permet de semer et de récolter (la Terre) est sucré ».
Cette citation montre clairement que les Cinq Eléments symbolisent cinq caractéristiques et états inhérents aux phénomènes naturels. Elle met aussi en relation les saveurs (ou les goûts) et les Cinq Eléments et il est bien évident que la saveur relève plus des caractéristiques inhérentes d’une chose (en termes modernes, de sa composition chimique) que de son goût effectif.
Les Cinq Eléments
symbolisent aussi les cinq directions différentes des mouvements des phénomènes naturels.
Le Bois représente l’expansion, le mouvement vers l’extérieur et dans toutes les directions, le Métal représente la compression, le mouvement vers l’intérieur, l’Eau représente le mouvement descendant, le Feu représente le mouvement ascendant, et la Terre la neutralité, la stabilité.
Les Cinq Eléments en tant que phases d’un cycle saisonnier
Chacun des Cinq Eléments représente une saison dans le cycle annuel. Le Bois correspond au printemps et est associé à la naissance, le Feu correspond à l’été et est associé à la croissance, le Métal correspond à l’automne et est associé à la moisson, l’Eau correspond à l’hiver et est associée à la conservation, la Terre correspond à la fin d’une saison et est associée à la transformation.
La situation de la
Terre appelle quelques explications. La Terre ne correspond à aucune saison précise car elle est au centre; c’est le point neutre de référence autour duquel tournent les saisons et les autres éléments. Dans le Classique des Catégories (1624), de Zhang Jie Bing, on lit : « La Rate appartient à la Terre, qui correspond au Centre et dont l’influence se fait sentir pendant 18 jours, à la fin de chaque saison, sans pour autant correspondre à une saison particulière ». Dans les Discussions sur les Prescriptions du Coffre d’Or (environ 220 avant J.C.), Zhang Zhong Jing écrit : « A la fin de chaque saison, la Rate est suffisamment forte pour résister aux facteurs pathogènes ».
Dans le cycle des saisons, la Terre correspond donc à la fin de chaque saison. Autrement dit, vers la fin de chaque saison, les énergies célestes retournent à la Terre pour se reconstituer. Dans les ouvrages occidentaux, la Terre est souvent associée à la « fin de l’été » ou » été indien ». Il est vrai que la Terre correspond à la fin de l’été, mais elle correspond aussi à la « fin de l’hiver », à la « fin du printemps » et à la « fin de l’automne ».
Le cycle d’Engendrement (Xiang Sheng)
Dans ce cycle, chaque Elément est engendré par un autre Elément et en engendre lui-même un autre. Ainsi, le Bois engendre le Feu, le Feu engendre la Terre, la Terre engendre le Métal, le Métal engendre l’Eau et l’Eau engendre le Bois. Ainsi, par exemple, le Bois est engendré par l’Eau et engendre le Feu. On dit également, parfois, que « le Bois est le Fils de l’Eau et la Mère d Feu ».
Le cycle de Domination (Xiang Ke)
Dans ce cycle, chaque Elément est contrôlé par un autre Elément et en contrôle lui-même un autre. Ainsi, le Bois contrôle la Terre, la Terre contrôle l’Eau, l’Eau contrôle le Feu, le Feu contrôle le Métal, le Métal contrôle le Bois.
Par exemple, le Bois contrôle la Terre, mais est contrôlé par le Métal.
Le cycle de domination permet de maintenir un équilibre entre les Cinq Eléments.
Il existe également une relation entre le cycle de Production (d’Engendrement) et le cycle de Domination. Par exemple, le Bois contrôle la Terre, mais la Terre engendre le Métal, qui lui-même contrôle le Bois. Qui plus est, d’un côté le Bois contrôle la Terre, mais de l’autre il engendre le Feu qui, à son tour, engendre la Terre. On a donc, à tout moment, un système d’autorégulation qui permet de maintenir l’équilibre.
Les relations réciproques de Production et de Domination des Eléments constituent un modèle remarquable parmi les nombreux processus d’équilibre et d’autorégulation que l’on trouve dans la Nature et dans le corps humain.
Histoire Ancienne de la médecine chinoise traditionnelle
Elle
est essentiellement marquée par trois figures légendaires, trois empereurs mythiques :
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- Fu xi: on lui attribue la rédaction du Yi Jing (Livre des Mutations), généralement considéré comme le plus ancien livre chinois.
- Shennong: père de l’agriculture et de la phytothérapie. Il est appelé le « divin laboureur ». On lui attribue le premier Bencao 本草(Traité des Matières Médicinales)
- Huang Di: l’Empereur Jaune, créateur des rites et de la médecine. On lui attribue la rédaction du Nei Jing (Huang Di Nei Jing 黃帝內經 ouClassique de la Tradition ésotérique de l’Empereur Jaune) qui traversera les siècles.
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Les plus anciens fragments du Nei Jing Su Wen remontent au ve ‑ iiie siècles avant J-C, et il semble avoir été divisé en deux vers la fin de cette période, sous les Qin :
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- le Su Wen (素問) « Simples Questions » en 9 chapitres, présenté sous forme de discussion entre l’empereur Huang Di et son conseiller Qi Bo 岐伯, discutant essentiellement de théorie.
- le Ling Shu (靈樞) « Pivot Spirituel », en 9 chapitres également, axé sur la pratique.
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On peut y adjoindre le Nan Jing (難經), Classique des Difficultés, traité en deux volumes constitué des commentaires de 81 passages difficiles du Nei Jing. Il contient en outre le premier exposé sur la théorie du pouls. Non mentionné dans les Annales des Han, il passe néanmoins pour antérieur à la période des Trois Royaumes (220-280).
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